Avi Gil, l’ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahu accuse le Premier ministre d’avoir privilégié sa survie politique au détriment des otages.


09 octobre 2026

De lourdes accusations contre Benjamin Netanyahu viennent de sortir. Sur la chaîne 12, son ancien secrétaire militaire, Avi Gil, affirme que le Premier ministre a privilégié sa survie politique au détriment d’accords qui auraient permis de sauver des otages. 

Il dénonce aussi une tentative de falsification du compte rendu téléphonique de ses appels le 7 octobre et conteste le récit officiel des événements entourant cette journée. Benjamin Netanyahu dément et accuse Avi Gil de masquer ses propres défaillances. 

Sur les otages, Avi Gil assure que certains auraient pu rentrer plus tôt, et d’autres revenir vivants. Selon lui, B. Netanyahu a renoncé à certaines décisions sous la pression de ses partenaires opposés aux cessez-le-feu. 

Deuxième accusation : une tentative de modification de l’heure d’un appel du 7 octobre. Gil met en cause Tzachi Braverman, le chef de cabinet du Premier ministre. En janvier 2024, une sténographe lui aurait signalé qu’on lui demandait de faire apparaître à 6 h 29 une conversation sécurisée enregistrée selon lui à 6 h 40.

Ce n’est pas la première fois que Braverman est accusé d’infractions pénales. Et en raison de ces allégations, il n’a pas pu prendre ses fonctions d’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni, poste pour lequel il avait été désigné.

Sur les mois précédant l’attaque, Gil affirme aussi que tous les responsables de la sécurité en Israël avaient multiplié les avertissements sur un risque de guerre. 

Ils ont expliqué que les divisions autour de la réforme judiciaire affaiblissaient la dissuasion israélienne. Mais il précise qu’aucune alerte ne décrivait le scénario exact de l’offensive du Hamas.

Il raconte avoir organisé, en juillet 2023, un appel entre B.Netanyahu, alors hospitalisé, et Ronen Bar, le directeur du Shin Bet et sans révéler ces échanges, il confirme qu’il avait aussi averti d’un risque de guerre. 

En revanche, il dit ne pas avoir connaissance d’une alerte égyptienne et ne pas avoir assisté à la conversation évoquée avec le président émirati.

Concernant la nuit du 6 au 7 octobre, Gil décrit des renseignements bien transmis, mais mal interprétés. 

À 3 h 55, son officier de renseignement reçoit des informations sur des mouvements suspects à Gaza. Le document les présente toutefois comme apparemment habituels, sans urgence immédiate. L’officier décide donc de ne pas le réveiller.

Il affirme avoir été réveillé à 6 h 12 par le chef de cabinet de Ronen Bar. Lors d’un échange sécurisé à 6 h 17, il apprend que des dirigeants du Hamas se sont mis à l’abri et que des cartes SIM israéliennes ont été activées. Une unité d’élite du Shin Bet est envoyée vers Gaza, mais la situation lui est encore présentée comme non urgente.

Il contacte alors l’entourage du chef d’état-major pour recouper ces informations. Pendant la conversation, les alertes aux roquettes commencent. À 6 h 29, il appelle Netanyahu sur WhatsApp, puis lui annonce sur la ligne sécurisée, à 6 h 40, qu’Israël est en guerre.

Avi Gil reconnaît une défaillance majeure de l’appareil de défense, mais rejette toute dissimulation volontaire d’informations. Il affirme aussi que Benjamin Netanyahu ne lui a pas demandé de joindre les principaux responsables sécuritaires pendant les deux premières heures du 7/10. Le Premier ministre serait arrivé au quartier général de la défense à Tel Aviv entre 8 h 30 et 8 h 45.