Des militaires seront déployés en appui de la police pour assurer la sécurité de sites liés à la communauté juive dans les plus brefs délais.


17 mars 2026

Des militaires seront déployés en appui de la police pour assurer la sécurité de sites liés à la communauté juive dans les plus brefs délais, ont annoncé lundi les ministres de l’Intérieur et de la Défense, Bernard Quintin et Theo Francken.

Concrètement, les militaires assureront la sécurité de synagogues et écoles de confession juive. La décision a été prise à la suite de l’attentat commis il y a une semaine contre la synagogue de Liège et de faits comparables qui se sont produits aux Pays-Bas et en Norvège.

“Dans un contexte d’antisémitisme croissant, l’attentat qui a eu lieu à la Synagogue de Liège a rappelé que la menace qui pèse sur la communauté juive de Belgique est bien réelle. Assurer la sécurité de nos concitoyens est le rôle de l’Etat dans toutes ses composantes et en dehors de toutes autres considérations politiques. Le déploiement de militaires pour renforcer la sécurité autour des sites juifs constituera un soutien direct aux forces de police”, a expliqué le ministre Quintin dans un communiqué.

A la suite de l’attentat de Liège, plusieurs responsables politiques avaient appelé au déploiement de militaires pour assurer la sécurité de lieux fréquentés par la communauté juive. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, l’avait répété jeudi à la Chambre et, lundi, c’était au tour de la bourgmestre d’Anvers, Els Van Doesburg (N-VA) d’exprimer son impatience. La demande était également portée par le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB).

Cette décision n’aurait pas été discutée au sein du gouvernement avant d’être annoncée publiquement.

“Nous prenons connaissance de la décision des ministres de l’Intérieur et de la Défense concernant le déploiement de militaires. Cette décision n’a pas fait l’objet d’une discussion préalable au sein du gouvernement”, a réagi lundi soir la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V) dans un communiqué.

La ministre soumettra “très prochainement” cette question au Conseil des ministres et s’entretiendra avec le Commissaire général “au sujet du manque de moyens au sein de la police, qu’il a signalé, pour accomplir cette mission”, ajoute la ministre.

Le CD&V, lui, ne rejette pas la mesure en tant que telle mais la lie au plan de la ministre de la Justice visant à soulager les prisons et dont certains points butent sur les réticences du MR.