20 octobre 2022
Le président russe Vladimir Poutine a ordonné hier l’instauration de la loi martiale dans les territoires ukrainiens annexés.
Oui, c’est-à-dire, les territoires de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia, qui ont été annexées en septembre dernier par Moscou.
Le président russe a annoncé cette mesure lors d’une réunion de son Conseil de sécurité diffusée à la télévision.
Le Kremlin a ensuite publié un décret confirmant l’entrée en vigueur de la loi martiale dans ces territoires à partir de jeudi à minuit heure locale.
La loi martiale, on le sait, c’est l’instauration dans un pays, d’un état juridique d’exception au sein duquel l’armée assure le maintien de l’ordre à la place de la police ou en collaboration avec celle-ci.
Et donc, selon le décret, le gouvernement russe devra d'ici trois jours proposer des mesures concrètes à appliquer dans les territoires annexés.
La législation russe prévoit une série de mesures en cas d'instauration de la loi martiale, à savoir : le renforcement des mesures de sécurité, un couvre-feu, une interdiction des rassemblements publics, l’évacuation d'entreprises stratégiques, une interdiction de quitter les territoires concernés, un internement de population, une mise en place d'une censure militaire dans les télécommunications, entre autres.
Le décret instaure aussi un régime de sécurité renforcé, qualifié de « régime de réaction de niveau moyen ».
Et ce régime est valable pour la péninsule de Crimée annexée en 2014, ainsi que pour les régions russes de Krasnodar, Rostov, Belgorod, Briansk, Voronej et Koursk, situées à proximité de l'Ukraine.
Dans le district fédéral central, où se trouve la capitale Moscou, un régime d'alerte renforcé est par ailleurs instauré, selon ce décret.
Pour se justifier, Vladimir Poutine a déclaré que les territoires annexés avaient instauré la loi martiale avant leur rattachement à la Fédération de Russie, mais qu’il était nécessaire de formaliser ce régime en suivant la législation russe.
« Les néo-nazis ukrainiens utilisent ouvertement des méthodes terroristes. Ils envoient des groupes de saboteurs sur notre territoire » ; c’est ce qu’a encore affirmé Poutine en dénonçant notamment l’attaque contre le pont de Crimée et des infrastructures nucléaires sans préciser lesquelles.

