Polémique entre intellectuels juifs en France après la sortie de "Slava Ukraini" de Bernard-Henry Lévy


24 février 2023

En France, on assiste à une polémique sur le passé de l’Ukraine et le travail de mémoire sur la Shoah dans ce pays, entre BHL et Arno Klarsfeld alors que cette semaine sort au cinéma “Slava Ukraini”, le documentaire de Bernard-Henri Lévy sur la guerre en Ukraine. 

Arno Klarsfeld, avocat et fils des chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld a estimé jeudi sur i24 news alors qu’il était l’invité des Grandes Gueules du Moyen Orient  que l’Ukraine devait d’abord faire face à son passé nazi avant de recueillir le soutien de l’Europe et d’Israël. 

Cette prise de position, Arno Klarsfeld dit l'avoir longtemps tue en raison de l'invasion russe qu'il qualifie de "criminelle".  Il dit cependant ne plus avoir pu garder le silence lorsque Bruxelles a annoncé considérer la candidature de l'Ukraine à une entrée dans l'Union européenne.

 "Je ne veux pas dans l'Union européenne d'une Ukraine qui n'a fait de retour sur son passé et qui vénère des génocidaires ayant contribué au massacre de milliers de familles juives", a-t-il martelé

"Il y a 30 ans, Stepan Bandera, qui a appelé au meurtre des Juifs, était considéré en Ukraine comme un assassin, alors qu'aujourd'hui il est érigé en héros national", a relevé l'avocat. La plus grande avenue de Kiev qui mène au site de Babi Yar, porte son nom."  

De son côté BHL a appelé Israël et le monde occidental à s'engager encore plus fermement aux côtés de l'Ukraine afin de mettre un terme au conflit. 

“Slava Ukraini” n’est pas un documentaire de plus sur l’Ukraine, c’est un film de combat signé par BHL et son complice Marc Roussel photographe de guerre.

L'émotion est palpable dans le film, quand le philosophe tente de réconforter une mère sans nouvelles de ses filles. Quand il rampe dans les galeries d’une mine de charbon. Quand le bataillon 197, croisé quelques mois plus tôt, lui dévoile son nouveau drapeau à la croix de Lorraine. Quand, un instant, le doute l’envahit sur les motivations politiques de certains combattants internationaux que la nuit tombe et qu’il avoue : « Je suis fatigué. 

Pourtant, un demi-siècle après son premier voyage dans un pays en guerre, Bernard-Henri Lévy n’a pas renoncé, comme il l'écrivait l’an dernier : « Je ne pars jamais en reportage sans avoir la ferme intention d’intervenir dans ce que je verrai. » Pour le premier anniversaire de la guerre, BHL se trouve actuellement à Kiev avec son fidèle complice et co réalisateur.