Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer sur un appel à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat »


08 décembre 2023

Sous pression du secrétaire général, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) doit se prononcer vendredi sur un appel à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat » dans la bande de Gaza.

Dans une lettre adressée mercredi aux membres du Conseil, Antonio Guterres a invoqué explicitement l’article 99 de la Charte des Nations unies qui permet au secrétaire général d’« attirer l’attention du Conseil » sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationale ». Une première depuis des décennies. « Avec les bombardements constants des forces armées israéliennes, et en l’absence d’abris ou du minimum pour survivre, je m’attends à un effondrement total de l’ordre public bientôt en raison des conditions désespérées, ce qui rendrait impossible une aide humanitaire même limitée » à Gaza, écrivait-il dans cette lettre, réclamant à nouveau un « cessez-le-feu humanitaire » pour éviter des conséquences « irréversibles » pour les Palestiniens et la région.

Suite à la lettre inédite d’Antonio Guterres, les Emirats arabes unis ont préparé un projet de résolution, qui sera soumis au vote du Conseil vendredi, a dit la présidence équatorienne du Conseil de sécurité.

La Belgique soutient l’invocation de cet article 99 de la Charte de l’Onu, véritable "cri d’alerte" sur les répercussions sécuritaires internationales de la guerre au Proche-Orient, a affirmé jeudi la ministre des Affaires étrangères belge Hadja Lahbib.

"En invoquant l’article 99 de la Charte des Nations unies, c’est un cri d’alerte qui est lancé", a souligné la cheffe de la diplomatie belge, dans un communiqué. "Nous soutenons le secrétaire général des Nations unies. L’escalade de la violence exige une attention immédiate du Conseil de sécurité et des efforts internationaux concertés pour alléger les souffrances des civils. La Belgique a été l’un des premiers pays européens à appeler à un cessez-le-feu humanitaire et continue à le faire, plus que jamais à la veille de la présidence belge" du Conseil de l’UE.

Par ailleurs, la Belgique a versé ce jeudi 5 millions d’euros au compte spécial du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour soutenir les différentes enquêtes sur d’éventuels crimes de guerre, confirmant une annonce faite à Paris le 9 novembre dernier, lors de la Conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza.