23 août 2022
Les autorités locales détectent de plus en plus de signaux indiquant que des entreprises sont utilisées comme couverture pour le blanchiment d’argent et le commerce illégal. Ce phénomène est connu de tous: des coiffeurs sans clients, des pizzerias où aucune pizza n’est vendue et des stations de lavage desquelles ne sort aucune voiture propre », a déclaré Annelies Verlinden.
«L’approche pénale vise principalement à réprimer des actes après qu’ils ont eu lieu. Or, l’objectif est d’éviter le plus de délits possible. L’approche administrative au niveau local est une arme essentielle à cet effet», pense-t- elle.
Mais cet avant-projet comporte encore quelques questions. A partir de quand un bourgmestre pourrait-il fermer des commerces ? Sur base de quelles informations? Et quid de la constitutionnalité de telles mesures ? Quelques voix, notamment chez les libéraux et les verts, s’interrogent déjà. Les bourgmestres, eux, l’accueillent avec modération même s’ils sont tous d’accord pour dire que le fédéral doit s’emparer de la problématique.
Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles, est assez favorable au projet. A Charleroi, Paul Magnette nuance et assure avoir besoin de l’aide du fédéral: «Si on peut agir au niveau local en arrêtant les dealers, on ne sait pas atteindre la tête du réseau. C’est pour cette raison que l’on demande un grand plan national de lutte contre la drogue, par un renforcement de la police fédérale mais également par un renforcement de la justice car il nous faut avoir les moyens de poursuivre les dealers. »
A Liège, Willy Demeyer y ajoute le débat sur la légalisation du cannabis. “La politique répressive est vouée à l’échec et il faut être réaliste par rapport à un phénomène qu’on ne parviendra jamais à endiguer. Ce n’est pas être laxiste que de dire qu’il faut une part de réalisme, une autre de prévention et une troisième de lutte contre les gros trafics. »

