L’armée israélienne a annoncé hier matin “une pause tactique” quotidienne pour raisons humanitaires


17 juin 2024

L’armée israélienne a annoncé hier matin “une pause tactique” quotidienne dans le sud de Gaza pour raisons humanitaires

Cette pause “sera observée de 8h00 à 19h00 tous les jours et jusqu’à nouvel ordre”, à partir du point d’entrée israélien de Kerem Shalom jusqu’à la route Salah al-Dine puis vers le nord, a indiqué l’armée dans un communiqué.

Cette décision a apparemment été prise à la suite de discussions avec l’ONU et d’autres organisations.

Il y a actuellement trois points de passage utilisés pour transférer l'aide humanitaire d'Israël aux Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza : Erez Ouest et Erez Est et la porte 96, et l'entrée militaire du corridor de Netzarim au centre de la bande de Gaza.

Ce n’est pas la première fois que Tsahal annonce une "pause tactique" de plusieurs heures pour permettre l’acheminement d’aide, mais c’est la première fois que la pause est aussi étendue dans le temps; c’est aussi la première fois qu’elle couvre une zone si large. 

Dans la foulée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a contacté son secrétaire militaire et a fait savoir "que cela n'était pas acceptable pour lui"

La source diplomatique a ensuite expliqué qu’"Après examen, le premier ministre a été rassuré sur le fait que les opérations militaires à Rafah se poursuivraient comme prévu".

Au sein du gouvernement, Itamar Ben-Gvir a fustigé cette politique, affirmant dans une publication sur X que cette décision n’avait, selon lui pas “été soumise au vote du cabinet (de guerre)".

Le ministre des finances Betzalel Smotrich a expliqué sur la plateforme X que cette décision "ne reflète aucun changement sur le terrain” et déplore une maladresse dans les relations publiques et la communication de Tsahal :  l’armée “publie une telle déclaration le jour où nous enterrons 11 de nos combattants.” 

Selon lui, cela est dû à la pression internationale exercée sur l’armée qui a poussé Tsahal a communiqué trop rapidement. Israël fait en effet face à une pression internationale croissante pour accélérer le transfert de fournitures dans Gaza, où, selon les Nations unies, les conditions humanitaires se déteriorent et approchent de celle de la famine. Les organisations humanitaires ont par ailleurs indiqué que le nord de la bande de Gaza est particulièrement difficile à atteindre.