20 avril 2023
L'Allemagne demande pardon à Israël et à la Pologne pour la liquidation du ghetto de Varsovie, à l'occasion du 80e anniversaire de son insurrection.
C’est ce qu’a déclaré le président allemand Frank-Walter Steinmeier lors d'une cérémonie solennelle organisée mercredi à Varsovie.
"Je me tiens devant vous aujourd'hui et vous demande pardon pour les crimes commis ici par les Allemands", a déclaré M. Steinmeier, qui est le premier chef d'État allemand à participer à cette cérémonie annuelle, qui remonte à 1948.
Sa présence a conféré une gravité supplémentaire à l'événement, au cours duquel il a été rejoint par ses homologues polonais et israélien, Andrzej Duda et Isaac Herzog.
Le président israélien a rendu un hommage vibrant aux combattants du Ghetto et rappelé qu’à proximité de l'endroit où il se trouvait, a été scellé le sort de 300 000 Juifs polonais, déportés vers Treblinka.
"Qu'est-ce qu'un héros ? Ici, la réponse est claire. Ce sont eux, les héros", a-t-il martelé. "Avec eux se trouvaient les Justes parmi les Nations et les membres des mouvements de résistance locaux qui ont risqué leur vie et choisi de ne pas rester les bras croisés", a-t-il déclaré.
Le président israélien a conclu par ces mots : " J’imagine ce qu'ils auraient pensé en nous voyant 80 ans plus tard, nous, les présidents de Pologne, d'Israël et d'Allemagne saluer leur héroïsme et prêter ensemble le serment : plus jamais ça"
Les présidents Steinmeier, Duda et Herzog - se sont ensuite serré la main à côté de cette sculpture qui représente les résistants juifs.
Une poignée de main très symbolique car l’Allemagne a, à la fois, occupé la Pologne et tué six millions de Juifs.
Le président Isaac Herzog s’est ensuite rendu à la synagogue de Varsovie dans laquelle il a fait aussi un discours poignant.
“En 1946, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, mon grand-père et homonyme, le Grand Rabbin d'Israël, Yitzhak Isaac Halevi Herzog, né en Pologne, s'est lancé dans une mission de recherche et de sauvetage de nos frères et sœurs juifs, à travers les décombres d'une Europe ravagée. Le sol était encore couvert des cendres des victimes.
Dans cette synagogue, survivante d'une magnifique histoire juive millénaire sur le sol polonais, la seule de Varsovie encore debout, se blottissaient quelques dizaines d'âmes.
Je me tiens devant vous aujourd'hui en tant que président de l'État d'Israël, l'État-nation démocratique du peuple juif, et au nom de mon peuple, je récite la même prière que mon grand-père avant moi, en mémoire de nos frères et sœurs assassinés, ceux, qui ont osé croire, espérer et rêver, même au milieu de la dévastation”.

