25 novembre 2025
Le président américain Donald Trump a signé lundi un décret enclenchant le processus visant à désigner plusieurs branches des Frères musulmans comme « organisations terroristes étrangères ».
Cette annonce ne va pas jusqu'à une désignation effective, comme certains l'avaient prévu, et indique que le processus sera plus compliqué et prendra du temps, car les Frères musulmans ne sont pas une organisation centralisée dotée d'un siège international. Au contraire, les sections varient en termes d'idéologie et de politique selon le pays dans lequel elles sont basées.
Le décret ordonne au secrétaire d'État américain Marco Rubio et au secrétaire au Trésor Scott Bessent de soumettre dans les 30 jours un rapport sur l'opportunité de désigner des sections telles que celles du Liban, d'Égypte et de Jordanie comme organisations terroristes étrangères (FTO) ou terroristes mondiaux spécialement désignés (SDGT).
Si les rapports concluent que ces désignations sont justifiées, les deux secrétaires auront 45 jours pour s'y conformer, précise le décret.
« L'objectif ultime du décret est d'éliminer les capacités et les opérations des sections désignées, de les priver de ressources et de mettre fin à toute menace que ces sections représentent pour les ressortissants américains et la sécurité nationale des États-Unis », indique un communiqué de la Maison Blanche.
Et toujours à propos des Frères musulmans et de leur stratégie d’influence, Un rapport de l’ISGAP, l’Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy affirme que le Qatar a investi environ 20 milliards de dollars dans des établissements scolaires et universitaires américains afin d’y diffuser des idéologies islamistes.
Le directeur exécutif de l'ISGAP, le Dr Charles Asher Small, explique que la famille régnante qatarie entretient des liens idéologiques étroits avec les Frères musulmans, et qu’elle utiliserait sa puissance financière pour promouvoir leur vision du monde sur les campus américains. Selon lui, ce soutien passerait principalement par la Qatar Foundation, financée par l’émirat, qui injecterait des milliards dans des universités, des écoles et des institutions culturelles à travers tous les USA.
L’un des éléments les plus frappants du rapport concerne Cornell University, qui aurait reçu à elle seule près de 10 milliards de dollars. L’établissement a été au centre de vives polémiques ces dernières années pour sa gestion de l’antisémitisme après le 7 octobre 2023. Parmi les incidents les plus graves figurent l’arrestation d’un étudiant ayant proféré des menaces de mort contre des Juifs et la mise en congé d’un professeur d’histoire ayant qualifié l’attaque du Hamas d’"exaltante" lors d’un rassemblement anti-israélien.
Début novembre, Cornell a annoncé avoir trouvé un accord avec l’administration Trump pour conserver plus de 250 millions de dollars de financements fédéraux.
Le rapport souligne également le rôle de la Qatar Foundation dans le soutien à la Muslim Students Association (MSA), présente sur des centaines de campus, ainsi qu’aux Students for Justice in Palestine (SJP). Selon l'ISGAP, ces organisations seraient "particulièrement efficaces" pour diffuser les objectifs des Frères musulmans au sein de la jeunesse universitaire américaine.

