De nombreuses voix s’élèvent parmi les juifs américains et français contre la réforme judiciaire alors que Bezalel Smotrich est à Washington et arrive la semaine prochaine à Paris.


13 mars 2023

Des manifestants de plusieurs groupes israéliens et juifs américains se sont rassemblés dimanche devant l'hôtel Grand Hyatt, où le ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, parlait lors d’une conférence de l'organisation Israel Bonds. 

Les manifestants ont crié "honte" et "démocratie", tandis que plusieurs militants locaux ont prononcé des allocutions.

L'actrice Noa Tishby qui a défendu Israël sur les campus universitaires américain s’est publiquement jointe au concert de critiques contre la réforme du système judiciaire.

"Je vais le dire de la manière la plus claire : Les juifs de la diaspora et les partisans d'Israël dans le monde sont choqués.", a déclaré M. Tishby dans un article publié en hébreu sur Ynet samedi. "Ce n'est pas une réforme, mais un coup d'État", qui met leur pays en porte-à-faux avec les autres démocraties et menace sa sécurité nationale et son soutien à l'étranger”. a déclaré Noa Tishby.

La philanthrope Miriam Adelson qui a dans le passé financé le lobby pro-israélien AIPAC et a été l'un des principaux bailleurs de fonds de Taglit a de son côté choisi d’écrire dans Israel Hayom, le journal israélien de droite fondé par son défunt mari Sheldon.

"Indépendamment de la substance des réformes, l'empressement du gouvernement à les ratifier est naturellement suspect, ce qui soulève des questions sur les objectifs fondamentaux et fait craindre qu'il s'agisse d'une décision hâtive, imprudente et irresponsable”. a t’elle écrit. 

Bezalel Smotrich ne devrait pas rencontrer de hauts fonctionnaires de l'administration Biden à Washington, mais traditionnellement les ministres israéliens des Finances se rendent tous les ans à la conférence du Bonds et n’y effectuent jamais de rencontres officielles avec des personnalités politiques, à cette occasion.

De son côté, Bezalel Smotrich avait l’air ravi de sa visite : “Une conférence étonnante aux Bonds à Washington.  Quel câlin pour l'État d'Israël, un câlin pour la communauté juive de la diaspora et un câlin pour l'économie israélienne. Je pars d'ici plein d'espoir ! Nous serons forts ensemble” c’est ce qu’il a twitté. 

Le 19 mars prochain, le ministre des Finances est attendu en France. Il sera l’invité d’honneur d’un événement organisé par le KKL à la mémoire de Jacques Kupfer.

L’annonce de sa participation ne fait pas l’unanimité au sein même de la communauté juive française.

Le Yediot Aharonot, cite Marc Knobel, ancien vice-président de la LICRA et chercheur au CRIF, qui confie que s’il avait été invité à un événement en présence de Smotrich, il ne serait pas venu:  »Je n’aime pas l’idéologie de ce ministre. Elle est dangereuse », affirme Knobel,  »Pareil pour Ben Gvir. Je pense qu’ils sont dangereux pour l’Etat d’Israël. Je ne pense pas que ce soit le moment qu’un homme aussi extrémiste vienne en visite à Paris”.

Nili Kupfer Naouri, la fille de Jacques Kupfer, z’l, et la présidente d’Israël is forever, a réagi à ces critiques :  »Le CRIF n’a jamais représenté la communauté juive en France. Nous n’avons pas invité les Juifs de cour à cet événement. Les Juifs de la communauté, contrairement à eux, attendent avec impatience la venue de Betsalel Smotrich et la soirée en hommage à mon père, Jacques Kupfer, z’l, à laquelle il participera ».

On ne sait pas encore si le ministre israélien rencontrera des officiels français lors de ce séjour, ni même s’il en a fait la demande.

Et en France toujours alors que la Salon de l’Alyah se tenait hier à Paris, des manifestants ont perturbé le discours du ministre de l'Immigration et de l'Intégration, Ofir Sofer à Paris, aux cris de "Boucha, Boucha… honte honte"