Tsahal rejette les accusations d'utilisation militaire de l'IA et les témoignages anonymes du documentaire «NAZA»

Tsahal rejette les accusations formulées dans le documentaire « NAZA » et dément avoir confié ses décisions de frappe à l’intelligence artificielle.

L’armée ne nie pas les dommages causés aux civils palestiniens pendant la guerre, mais affirme qu’elle prend toujours des mesures pour les limiter. 

Des officiers de l’armée de l’air ainsi que des conseillers juridiques militaires participent au processus d’autorisation des frappes assure Tsahal. L’intelligence artificielle pourrait servir d’outil d’analyse, mais elle ne se substitue pas au jugement humain.

Des responsables militaires reconnaissent toutefois que des erreurs peuvent survenir lors d’opérations complexes et menées dans l’urgence. Ils citent notamment l’opération de juin 2024 ayant permis de libérer Noa Argamani et trois autres otages, au cours de laquelle la situation sur le terrain avait rapidement dégénéré.

Tsahal conteste également les ratios évoquant 100 à 500 civils tués pour un membre du Hamas ciblé, estimant qu’ils ne correspondent pas à la réalité. 

Le succès de « NAZA » à Venise met les Israéliens en colère, mais l’indignation ne suffira pas à contrer ses allégations. Israël a besoin de preuves et d’une réponse rapide avant que ces affirmations ne deviennent une vérité acceptée assurent les experts de la lutte contre l’antisémitisme.

Les cinéastes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor ne sont pas des inconnus quand on parle de critique contre Israël.

En 2025, ils ont partagé un Oscar avec les cinéastes palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal pour No Other Land, un documentaire présentant Israël sous son pire jour en Judée-Samarie.

Samedi, Il ont remporté le Prix spécial du jury de la 83e édition du Festival international du film de Venise pour NAZA, qui présente un Israël encore plus sombre – un Israël se livrant au massacre systématique de civils palestiniens à Gaza.

« NAZA », dont The Guardian a fait l’éloge et qu’il a, sans surprise, produit – compte tenu de son parti pris anti-israélien dans ses reportages –, a reçu une ovation debout de 25 minutes lors de sa première à Venise jeudi. Deux jours plus tard, il a remporté le prix.

Le film s’appuie sur des entretiens avec 24 Israéliens anonymes présentés comme des soldats et des initiés des services de renseignement. Leurs allégations les plus graves ne sont associées à aucune date, aucun lieu, aucune unité, ni aucune frappe identifiable – ce qui rend impossible toute évaluation indépendante de la part des spectateurs.

C’est là que réside le piège : des allégations anonymes, sont présentées comme la preuve d’un système généralisé.

Le titre du film est un véritable acronyme militaire hébreu signifiant « nezek agavi », c’est-à-dire « dommages collatéraux ». Mais traduit en anglais par NAZA – à une lettre près de « NAZI » – et associé à un film contenant des comparaisons explicites avec la Shoah, l’allusion est difficile à manquer.

Mais la colère n’est pas une politique, et quelle que soit l’indignation que les Israéliens puissent ressentir envers des compatriotes qui dénigrent leur pays sur la scène internationale, la colère n’est pas une stratégie.

Depuis trop longtemps, Israël n’a pas su réagir rapidement et efficacement aux accusations, mensonges et déformations qui s’infiltrent dans le débat public par le biais d’ONG, d’universitaires hostiles, de films comme celui-ci.

Tsahal devrait diffuser autant de documents que la sécurité le permet pour montrer les cas où des frappes ont été annulées ou retardées en raison de la présence de civils. 

Menacer Abraham et Szor de leur retirer la nationalité ne sert en rien cet objectif. Au contraire, cela fait d’eux des martyrs et renforce l’image qu’ils espèrent donner d’Israël, celle d’une société intolérante qui réduit ses détracteurs au silence.

On est revenus sur ce sujet avec Meir Dahan, colonel de réserve de Tsahal à 8h30.