Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé qu’il lancerait lundi le « Projet Freedom » afin de rétablir la liberté de navigation pour le trafic commercial dans le détroit d’Ormuz.
« Cette mission, dirigée par le président, viendra en aide aux navires marchands qui souhaitent transiter librement par ce corridor commercial international essentiel », indique le CENTCOM dans un communiqué publié après que Donald Trump eut annoncé plus tôt cette opération visant à escorter les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz.
Trump a justifié son intervention en soulignant que de nombreux pays avaient sollicité l'aide des États-Unis pour libérer leurs navires, qu'il qualifie de « témoins neutres et innocents » d'un conflit qui ne les concerne pas directement.
« Notre soutien à cette mission défensive est essentiel à la sécurité régionale et à l’économie mondiale, alors que nous maintenons également le blocus naval », déclare l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, dans un communiqué, soulignant qu’un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime et des volumes importants de carburants et d’engrais transitent par Ormuz.
Cette dernière opération mobilisera des destroyers lance-missiles, plus de 100 aéronefs terrestres et maritimes, des plateformes sans pilote multi domaines et 15 000 militaires, précise le CENTCOM.
La nouvelle initiative concernant le détroit d'Ormuz n'impliquera pas nécessairement l'escorte de navires commerciaux par des navires de la marine américaine.
C’est ce qu’indique le journaliste d'Axios Barak Ravid dans un message publié sur X, faisant écho à un article du Wall Street Journal.
Les navires de la marine américaine se trouveront « à proximité » au cas où ils devraient empêcher l'armée iranienne d'attaquer des navires commerciaux transitant par le détroit, précise M. Ravid.
Les États-Unis fourniront aux navires des instructions sur les routes de navigation sûres à travers le détroit d'Ormuz et assureront la coordination avec les compagnies maritimes et les assureurs.
En tout cas, selon un dernier sondage, 66 % des Américains désapprouvent la gestion de Trump et 61 % jugent la guerre comme une erreur. Le pays est fortement divisé, avec une opposition massive chez les démocrates et un soutien chez les républicains.
Un haut responsable iranien prévient que Téhéran considérerait toute tentative américaine d'ingérence dans le détroit d'Ormuz comme une violation du cessez-le-feu.
« Toute ingérence américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu », a déclaré Ebrahim Azizi, président de la commission de sécurité nationale au Parlement iranien, dans un message publié sur X.
Cette déclaration fait suite à l'annonce de l’opération américaine à partir de lundi.
Dans ce contexte, Trump a laissé une porte ouverte à la diplomatie. Il a affirmé que ses représentants tenaient des « discussions très positives » avec l'Iran, susceptibles d'aboutir à un résultat très favorable pour toutes les parties.
L'Iran examinerait actuellement la réponse des Etats Unis à sa proposition en 3 étapes : fin de la guerre en 30 jours, ouverture du détroit d’Ormuz et négociations nucléaires. L’offre inclut aussi un engagement de non-attaque mutuelle, y compris envers Israël, en échange d’une levée progressive des sanctions.