L'Egypte souhaite présenter une « vision » alternative pour la reconstruction de Gaza sans déplacement des Palestiniens

Donald Trump menace de suspendre l’aide américaine à l’Egypte et à la Jordanie, si ces deux pays n’acceptent pas d’accueillir des réfugiés palestiniens, conformément à son plan pour Gaza.

L'aide américaine à l'Égypte est évaluée à plus de 2 milliards de dollars, dont 815 millions en assistance économique, le reste en soutien militaire. Pour la Jordanie, l'aide s'élève à plus d’ 1 milliard de dollars, la deuxième plus importante après Israël. En janvier, Washington avait déjà gelé toute aide internationale pendant 85 jours, à l'exception d'Israël et de l'Égypte.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelaaty, a déclaré au secrétaire d'État américain Marco Rubio que "les pays arabes soutiennent les Palestiniens et rejettent le plan Trump" mais « espère coopérer » avec l’administration américaine sur cette question. Elle entend « présenter une vision globale pour la reconstruction » de la bande de Gaza qui garantira le maintien des Palestiniens sur leur terre, a indiqué mardi le ministère égyptien des affaires étrangères.

L'Arabie saoudite rejette aussi tout déplacement des Palestiniens et conditionne une paix avec Israël à la solution à deux Etats. 

De son côté le roi de Jordanie, Abdallah II, en visite aux Etats-Unis a lui aussi rejeté le déplacement des Palestiniens, « il s’agit d’une position arabe commune », a-t-il précisé.  

Il a indiqué sur X que sa rencontre avec le président américain Donald Trump a été "très positive et chaleureuse" et qu’il avait eu avec le président américain un dialogue sincère. Il a réaffirmé au président américain sa « ferme opposition au déplacement des Palestiniens à Gaza et en Judée Samarie ».
Son pays soutiendra par ailleurs le plan que l’Egypte est en train d’élaborer pour la reconstruction de Gaza. Selon lui, le président s’est montré à l’écoute d’un plan arabe sur cette question. 
Il y a deux semaines, le roi de Jordanie était à Bruxelles, où il a signé un accord de partenariat stratégique avec l’Union européenne. A cette occasion, Ursula von der Leyen a promis trois milliards d'euros d'investissements en Jordanie d'ici à 2027, compte tenu «des crises croissantes dans la région”.