La Haute Cour de justice entend ce matin des pétitions contre la décision controversée du gouvernement de limoger le chef du Shin Bet, Ronen Bar.
La Cour suprême israélienne a dû poursuivre les débats à huis clos après plusieurs incidents, alors que le gouvernement défend sa décision de révoquer le chef du Shin Beth Ronen Bar
L'affaire va bien au-delà de la personne de Ronen Bar. Elle est considérée comme faisant partie de l'affrontement du gouvernement avec les autorités judiciaires et de ses efforts pour supprimer les contrôles sur son pouvoir.
Les critiques accusent B. Netanyahou de chercher à faire de Ronen Bar un bouc émissaire pour l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, tout en se dérobant à ses propres responsabilités. Le premier ministre maintient qu'il a tout à fait le droit, en vertu de la loi, de révoquer le chef de l'agence de sécurité intérieure, et qu'il a doublement le droit de le faire à la suite des échecs qui ont permis l'attaque du 7/10.
Les pétitionnaires soutiennent que le premier ministre était en conflit d'intérêts évident en démettant Ronen Bar de ses fonctions, puisque le Shin Bet est impliqué dans l'enquête sur le Qatargate, dans laquelle des proches collaborateurs de Netanyahou sont soupçonnés d'avoir travaillé à la promotion de l'image du Qatar en Israël, alors qu'ils travaillaient pour le premier ministre. B. Netanyahou a affirmé, sans fournir de preuves, que l'enquête s'inscrivait dans le cadre des efforts déployés pour nuire à son leadership.
Ce dossier sensible sera traité par la formation la plus prestigieuse de la Cour, présidée par le juge en chef Yitzhak Amit, accompagné du vice-président Noam Sohlberg et de la juge Daphne Barak-Erez. Outre l'ordonnance attendue, les juges devraient rendre une décision préliminaire concernant le maintien en fonction de Ronen Bar d'ici jeudi, tout en précisant que le gel de son licenciement reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre.
L'audience s'annonce particulièrement significative, tant par ses implications politico-sécuritaires que par son impact potentiel sur les relations entre le pouvoir politique et les services de renseignement.