En Belgique, à Namur, une fresque monumentale rend hommage à l’abbé Joseph André, ce prêtre catholique reconnu "Juste parmi les Nations" pour avoir sauvé des centaines d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Réalisée par l’artiste Amandine Lesay sur un mur de l’Institut Ilon Saint-Jacques, l’œuvre représente le prêtre entouré d’enfants et se veut plein de couleurs. Son emplacement est hautement symbolique puisqu’il se trouve à proximité de l’église Saint-Joseph, où officiait l’abbé André.
Durant l’Occupation, celui-ci avait transformé la Maison des Œuvres de la place de l’Ange en plaque tournante d’un réseau clandestin. Les enfants juifs y étaient accueillis avant d’être confiés à des familles ou à des institutions, parfois à quelques mètres seulement des occupants allemands.
La fresque veut transmettre cette mémoire aux jeunes générations. Elle intégrera le parcours artistique de Namur et un QR code permettra aux passants de découvrir l’histoire du prêtre. Un film documentaire réunissant archives et témoignages est également en préparation.
Le projet est notamment porté par Freddy Avni, descendant d’une des familles d’enfants cachés. Son oncle Théo Gliksberg a été protégé durant plusieurs mois par l’abbé André.
L’inauguration est prévue le 14 octobre, en présence d’anciens enfants cachés et de leurs descendants, mais aussi de Mgr Fabien Lejeusne, l’évêque de Namur, de Charlotte Bazelaire, bourgmestre de Namur, et de Regina Sluszny présidente de l’association « L’Enfant caché ». Un hommage placé sous cette phrase de l’abbé André, à l’occasion d’un séjour en Israël, et qui vient d’être retrouvé dans un enregistrement de 1968 : « On est tous frères. » disait il.
Près de soixante ans plus tard, ces paroles donnent une résonance particulière au projet.