Un accord serait sur le point d'aboutir après de larges concessions israéliennes, le Hamas dément.

À la suite d'informations précédentes faisant état de progrès dans les négociations entre le Hamas et Israël sur les otages, Al Jazeera a rapporté qu'un responsable du Hamas avait déclaré à l'organisation médiatique d'État qatarie que ces affirmations étaient fausses.

Le responsable du Hamas aurait déclaré : "La délégation israélienne n'a pas répondu aux demandes du Hamas pour parvenir à une forme d'accord".

Ce matin pourtant la chaîne de télévision publique égyptienne Al-Qahera News, citant une source égyptienne de haut rang assurait que des progrès avaient été faits dans les négociations. 

Et déjà hier des sources égyptiennes et émiraties affirmaient qu'un cessez-le-feu temporaire pourrait être conclu pour l'Aid el-Fitr, la fête de fin du ramadan. 

Toujours selon Al-Qahera, les délégations du Hamas et du Qatar ont quitté le Caire et reviendront dans deux jours pour convenir des termes de l'accord final, tandis que les délégations israélienne et américaine quitteront la capitale égyptienne dans quelques heures. 

Des responsables israéliens ont toutefois exprimé davantage de prudence, en affirmant que "des divergences importantes subsistaient" entre les parties. 

En tout cas, le retrait des troupes de Tsahal de Khan Younès peut être interprété comme un gage donné au Hamas. L'accroissement, sous la pression américaine, de l'aide humanitaire entrant dans la bande côtière est une autre demande de l'organisation terroriste qui est désormais satisfaite. Enfin, l'État hébreu ferait preuve de flexibilité concernant le retour des Gazaouis déplacés dans le nord du territoire. Le seul point litigieux qui demeure touche à la conclusion d'un cessez-le-feu total et à l'arrêt de la guerre, une autre exigence du Hamas qu'Israël rejette pour l’instant. 

Ce matin, le ministre des affaires étrangères, Israël Katz, membre du cabinet, a déclaré à la TV israélienne : "Pour la première fois depuis le précédent accord, nous avons atteint un point critique dans les négociations, si cela fonctionne, un grand nombre d’otages rentreront chez eux"

"Nous ramènerons les otages, nous achèverons l'élimination du Hamas dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah, et nous veillerons à ce que Gaza ne soit plus une menace pour Israël", réitère Benjamin Netanyahou

Il s'adressait à la presse à l’occasion des six mois après les massacres du 7 octobre.

 "Les réalisations de la guerre sont grandes : nous avons éliminé 19 des 24 bataillons du Hamas, y compris des commandants de haut niveau. Nous avons tué, blessé ou capturé une part importante des terroristes du Hamas. Nous avons nettoyé Shifa et de nombreux autres QG terroristes. Nous sommes à un pas de la victoire. Mais le prix à payer est douloureux et déchirant.

(...) Je l'ai précisé à la communauté internationale : il n'y aura pas de cessez-le-feu sans le retour des otages. Telle est la politique du gouvernement israélien, et je salue le fait que l'administration Biden ait clarifié avant-hier que c'est toujours sa position aussi.

Ce n'est pas Israël qui empêche un accord. C'est le Hamas qui empêche un accord. Ses exigences extrêmes visent à mettre fin à la guerre et à le maintenir en place. Céder aux exigences du Hamas lui permettrait d'essayer de répéter les crimes du 7 octobre encore et encore, comme il a promis de le faire". 

Israël est prêt à un accord ; Israël n’est pas prêt à se rendre. Au lieu que la pression internationale soit dirigée contre Israël, ce qui ne fait qu’amener le Hamas à durcir ses positions, la pression de la communauté internationale doit être dirigée vers le Hamas. Cela permettra d’avancer vers la libération des otages”. Ce sont les mots de B. Netanyahou. 

Dimanche soir, le Chef d'État-major de Tsahal, Herzi Halévy, a lui aussi fait une déclaration pour marquer les six mois du début de la guerre. Il y a rappelé que celle-ci était loin d’être terminée et que l’objectif de ramener les otages n'avait pas été rempli. 

Il a expliqué qu’il en faisait une mission suprême : ”Nous continuerons à agir par tous les moyens pour ramener tous les otages aussi vite que possible. En tant que Chef d’Etat-major, je porte la responsabilité personnelle de les ramener et c’est ce que ressentent le reste des officiers et des soldats de Tsahal. Tsahal est assez fort pour que l’Etat d’Israël puisse payer le prix pour le retour de ses fils et de ses filles”.

Il a affirmé que malgré le retrait des troupes de Khan Younès, la guerre était loin d’être terminée: ”La guerre à Gaza continue, nous sommes encore loin d’arrêter”, a-t-il déclaré, ”Les chefs du Hamas se cachent toujours. Nous les atteindrons, tôt ou tard. Nous ne laissons aucun bataillon actif du Hamas, dans aucun endroit de la Bande de Gaza. Parallèlement à l’effort offensif, nous permettons l’entrée de l’aide humanitaire. L’intérêt du Hamas est de faire croire à une crise humanitaire comme moyen de pression pour obtenir un cessez-le-feu. Le Hamas empêche la distribution de l’aide humanitaire afin de reprendre le contrôle dans la Bande de Gaza, cela ne doit pas se produire. C’est pourquoi nous continuons à détruire les capacités militaires et politiques du Hamas, pour parvenir à une autre solution qui apportera de la stabilité dans la région”.