Dans quelques jours à peine, les Européens commenceront à rationner leur consommation de gaz naturel, dans l'espoir de passer l'hiver sans trop de mal, la Russie limitant l'approvisionnement en gaz de l'Union européenne alors qu’elle en représente aujourd’hui 40% de la consommation.
Les ministres de l'énergie de l'UE se sont mis d'accord hier sur un plan visant à réduire la consommation de gaz de l'Union de 15 % d'ici le printemps.
Les 27 ont tous soutenu cette décision, à l'exception de la Hongrie, qui a voté contre. Certaines exemptions ont été accordées à l'Irlande, à Chypre et à Malte, qui ont peu de marge de manœuvre pour rechercher des sources d'énergie alternatives, ainsi qu'aux États baltes dont les réseaux électriques sont reliés à celui de la Russie.
La Belgique pourrait elle aussi bénéficier d’une dérogation si besoin. Le Royaume possède en effet le terminal gazier de Zeebruges, l’une des plus grandes plateformes d’importation et de gaz liquéfié en Europe dont elle pourrait faire bénéficier les autres états membres de l’UE.
Selon le commissaire européen à l'énergie, Kadri Simson, les réservoirs de stockage de gaz de l'Union européenne, qui sont généralement presque pleins avant l'hiver, sont actuellement à 66 % de leur capacité.
L'enjeu est particulièrement important pour l'Allemagne, qui dépendait de la Russie pour 55 % de son approvisionnement en gaz naturel avant l'invasion. Elle a réduit cette part à 30 % au cours des derniers mois, mais fait tout son possible pour s'assurer qu'elle disposera de suffisamment de combustible pour passer l'hiver.
L'accord est intervenu moins de 24 heures après que Gazprom, le monopole public russe du gaz, a annoncé qu'il allait réduire encore la quantité de gaz naturel qu'il envoie en Allemagne par le gazoduc Nord Stream 1. Il y a moins d'une semaine, ce gazoduc a repris des flux limités après un arrêt annuel pour maintenance.
En France, le Premier ministre Élisabeth Borne a demandé aux ministres du gouvernement de montrer l'exemple et de réduire l'utilisation de la climatisation et du chauffage dans leurs bureaux.
Enfin, les trois premiers navires transportant des céréales hors des ports ukrainiens dans le cadre de l’accord signé la semaine dernière devraient partir dans les prochains jours.
Et le F.M.I. a averti qu'une récession mondiale pourrait bientôt se profiler à l'horizon, la guerre en Ukraine, l'inflation et la pandémie de covid infligeant des problèmes économiques sur tous les continents.