Le PM Netanyahou adresse un avertissement à la Turquie après les frappes de Tsahal en Syrie
“Nous ne tolérerons pas la présence d'une armée turque en Syrie qui menace Israël. Notre message était pourtant clair : ne le faites pas. Apparemment, il n'a pas été suffisamment clair, alors nous avons veillé à ce qu'il soit bien compris” a déclaré le chef du gouvernement israélien dans un podcast enregistré hier.
Le ministre de la Défense, Israël Katz en a rajouté une couche ce matin sur X: “Recep Tayiip Erdogan entraîne la Turquie dans des aventures périlleuses en Syrie. Israël ne permettra à personne de menacer sa sécurité. Il serait préférable pour Erdogan de continuer à proférer des discours creux et fantaisistes contre Israël au Parlement turc plutôt que de mettre à l'épreuve la détermination d'Israël à se défendre.”
Le chef du Mossad Roman Gofman se serait entretenu avec le ministre syrien des affaires étrangères la semaine dernière, au sujet de la présence turque en Syrie.
L'appel se serait tenu le 14 août dernier soit quatre jours avant la frappe. Il s'agit ni plus ni moins du plus haut niveau de contact jamais établi entre Israël et le nouveau gouvernement syrien, depuis la chute de l'ancien dictateur Bachar al-Assad en décembre 2024. Les bureaux du PM à Jérusalem et les services de la diplomatie syrienne ont refusé de commenter cette information.
Les autorités syriennes confirment la présence de responsables turcs sur la base aérienne visée par Israël quelques heures avant les frappes.
Les responsables syriens confirment ainsi les informations transmises par Israël au sujet d’une présence turque sur le site visé. 2 hauts fonctionnaires syriens ont indiqué que la délégation turque s'était rendue lundi sur la base aérienne située dans la province d'Idlib afin d'examiner les travaux de réhabilitation en cours sur le site. Les autorités turques n'ont pas encore commenté la présence signalée d'une délégation militaire de leur pays en Syrie.
Quant à lui, le ministre syrien des affaires étrangères se dit prêt à discuter d’un accord sécuritaire avec Israël, malgré les frappes contre son pays.
« La nature des activités sur la base était connue et rien ne permettait d'interpréter les travaux de reconstruction comme l'établissement d'une base militaire turque en territoire syrien », a souligné le chef de la diplomatie syrienne Assaad Al Shaibaini.
Le ministre syrien des Affaires étrangères a également indiqué avoir été en contact avec l'administration Trump avant et après l'attaque.
« L'objectif principal était de faire part de notre position et de nos préoccupations et d'agir pour prévenir toute escalade », a-t-il déclaré. « Nous avons clairement fait savoir aux États-Unis que nous ne faisons pas confiance aux intentions d'Israël envers la Syrie et que, selon nous, la politique israélienne actuelle, notamment l'escalade militaire et ses actions sur le terrain, ne contribue ni à la stabilité de la Syrie ni à celle de la région », a déclaré M. al-Sheibani.
« Nous souhaitons un apaisement de la situation, car la poursuite des tensions militaires dans la région ne sert les intérêts d'aucune des deux parties et n'aide pas à instaurer la stabilité dont la Syrie et toute la région ont besoin », a-t-il souligné.
Il a déclaré que le gouvernement syrien souhaitait toujours conclure un accord de sécurité avec Israël afin de réduire les tensions à la frontière entre les deux pays.
« Mais la responsabilité de l'apaisement de la situation ne peut reposer sur une seule partie. Israël doit également réexaminer sa politique envers la Syrie et reconnaître que la poursuite des opérations et des attaques militaires n'apportera pas la sécurité à long terme, mais ne fera qu'accroître l'instabilité », a-t-il affirmé.