La majorité des 16.000 cas de variole du singe dans le monde, concernent des hommes ayant des relations avec des hommes

La majorité des 16.000 cas de variole du singe dans le monde, comme en Belgique (qui en dénombre 311 à ce jour), concernent des hommes ayant des relations avec des hommes. Pourtant il ne faut pas le considérer comme un virus qui ne touche que les gays.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 99,5 % des malades qui ont renseigné leur sexe étaient des hommes, tandis que 60 % de ceux qui ont renseigné leur orientation sexuelle se sont identifiés en tant qu’homosexuels ou bisexuels.

Selon la professeure d’université Muriel Moser, de l’Unité de recherche en immunobiologie de l’ULB, « il n’y a pas de raison de penser pour le moment que c’est une maladie sexuellement transmissible. Il est cependant étonnant de constater que sont concernés surtout les hommes qui ont des relations avec les hommes. On n’en connaît pas encore la raison.”

En Belgique, Sciensano, le centre de recherche et institut national de santé publique, recommande aux personnes contaminées de rester en isolement jusqu’à la guérison complète des lésions cutanées et de porter ensuite un préservatif pour tous rapports sexuels pendant encore douze semaines.

L’infectiologue Charlotte Martin (CHU Saint-Pierre, l’un des neuf hôpitaux de référence) égratigne la politique actuelle de la Belgique face au vaccin contre la variole du singe : les quelque 3.000 doses de vaccin dont dispose la Belgique à ce jour, « ce n’est pas seulement beaucoup trop peu, c’est ridicule ! » D’autant plus que le schéma complet compte deux doses : actuellement, seules 1.500 personnes pourraient donc en bénéficier. A l’heure où l’OMS a déclaré que la variole du singe était une priorité mondiale, on en rediscutera demain dans la question du jour avec Murielle Moser.