Israël est passé de Yom Hazikaron à Yom Haatsmaout. De la douleur du deuil à l’espérance du renouveau.

Israël est passé lundi soir du recueillement de Yom Hazikaron, le jour du souvenir à Yom Haatsmaout la Fête de l’indépendance d’Israël sur fond de guerre. Le premier s’est révélé particulièrement sombre et le second en demi-teinte après les massacres du 7 octobre.

Les festivités de Yom Haatsmaout seront donc réduites. Les traditionnels défilés aériens et maritimes n’auront pas lieu, en raison de la priorité accordée par Tsahal à la guerre en cours. 

L’allumage traditionnel des flambeaux qui a habituellement lieu sur le mont Herzl, à Jérusalem, s’est déroulé dans les localités frontalières de la bande Gaza, ainsi que dans les bases de Tsahal qui ont subi de lourdes pertes le 7 octobre. Un communiqué officiel a indiqué que ces mesures avaient pour but de refléter "l’atmosphère générale de deuil, de perte et de profonde douleur du peuple d’Israël". Les feux d'artifice ont également été annulés dans de nombreuses villes du pays, à commencer par Jérusalem et Tel Aviv.

Reliant la guerre actuelle à Gaza à la guerre d'indépendance d'Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a lancé un appel à la victoire totale sur le Hamas dans un message vidéo pré enregistré et diffusé lors de la cérémonie d'allumage des flambeaux, à l'occasion du 76e jour de l'indépendance d'Israël.

Le premier ministre Netanyahou a déclaré : “Mes chers citoyens d’Israël, Il y a soixante-seize ans, lors de la guerre d'indépendance, nous étions seuls. Nous manquions d'armes et de ressources. Mais nous avions une arme secrète : l'esprit des générations. (...) C'est grâce à cet esprit que nous avons vaincu nos ennemis. Comme il est écrit dans les Psaumes : "Je ne mourrai pas, je vivrai". Aujourd'hui, nous sommes infiniment plus forts, mais la volonté de nous détruire n'a pas disparu. Elle est toujours là.

Nous l'avons vu le 7 octobre. Yom haatsmaout cette année n'est pas un jour d'indépendance comme les autres. La guerre fait toujours rage. Elle nous a été imposée en ce samedi sombre de l'horrible massacre. Nombre de nos frères et sœurs sont toujours détenus dans les cachots du Hamas. Leurs familles souffrent énormément. Nous les ramènerons tous à la maison, les vivants comme les morts.”

Il a poursuivi : “ L'indépendance signifie être un peuple libre dans notre pays, avoir la liberté de nous défendre par nous-mêmes et la souveraineté de dire : plus jamais ça !

Les flambeaux que nous allumons éclairent le miracle qu'est notre pays. Nous hisserons nos drapeaux et nos torches en l'honneur de notre nation bien-aimée

Ce sont les mots du premier ministre israélien à l’occasion de cette fête de l’indépendance 2024 si particulière. 

De son côté, le président israélien, Isaac Herzog, a adressé un message important aux communautés juives du monde entier. Il a souligné l'importance et la signification de la grande unité et de la responsabilité mutuelle dont les Israéliens et les Juifs ont fait preuve les uns envers les autres depuis 7 mois. 

"Shalom, chers frères et sœurs du monde entier. 

Il ne fait aucun doute que cette année, nos célébrations de Yom Ha'atzma'ut sont différentes. La 76e année d'Israël a été marquée par une douleur et une perte énormes. Non seulement pour Israël, mais aussi pour les communautés juives du monde entier. Le meurtre, la torture, le viol et l'enlèvement de centaines de nos concitoyens par le Hamas. Les menaces claires et actuelles qui pèsent sur Israël. Le deuil de nos soldats - les meilleurs, les plus brillants et les plus courageux - qui sont tombés et ont été blessés en protégeant et en défendant. L'ampleur choquante de la résurgence de l'antisémitisme sous tant de formes à travers le monde. 

Il a ajouté ces événements je cite “nous ont également rappelé nos qualités fondamentales, notre capacité, en tant que peuple, à nous dresser, encore et encore, contre la haine. De survivre et de dire notre vérité. De l'attention profonde et durable que nous portons les uns aux autres. De notre mission à travers les âges : Faire le bien, rechercher la paix, et réparer un monde fracturé.

Puissions-nous continuer à élever la voix et à nous battre pour ce qui compte - pour la libération immédiate de nos otages. Pour notre sécurité et notre avenir dans un État juif et démocratique d'Israël prospère et sûr, et pour un monde de paix, d'harmonie et de bonne volonté. 

À bientôt en Israël. Am Yisrael Chai". Ce sont les mots d’Isaac Herzog