Delphine Horvilleur adresse une mise en garde à Israël et critique la conduite de la guerre à Gaza.

Dans un entretien de 4 pages dans Libération hier, la rabbine libérale Delphine Horvilleur adresse une mise en garde à Israël, critique la conduite de la guerre à Gaza et annonce qu’elle reviendra voter dans le pays pour la première fois depuis trente ans.

À l’occasion de la sortie de Sermons sous les décombres, son dernier livre, la rabbine française porte un regard sévère sur la politique israélienne depuis le 7 octobre. À travers le récit biblique de Samson, elle met en garde contre une puissance militaire et un désir de vengeance qui pourraient conduire selon elle Israël à sa propre destruction.

Elle assure avoir insuffisamment évoqué la souffrance palestinienne dans ses premiers sermons après le massacre, choquée comme beaucoup d’Israéliens par la violence du 7/10 et s’en repent aujourd’hui.  

Commentant le documentaire Naza, elle souhaite que les Israéliens le regardent pour examiner ses accusations, même si elle admet qu’il s’agit d’une œuvre militante et dénonce la comparaison entre Gaza et Auschwitz.

Les propos de Delphine Horvilleur ont fait beaucoup de bruit et ont été très critiqués notamment dans la communauté juive de France. Dans une tribune publiée hier sur Habayta, Sarah Cattan, journaliste et vice présidente du Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme lui reproche une exigence morale trop centrée sur Israël, sans réexaminer suffisamment la nature du Hamas et ce que le 7 octobre a révélé du Hamas et de la cause palestinienne. Elle l’accuse de risquer une confusion entre la reconnaissance des souffrances et les responsabilités des protagonistes.

La rabbine annonce enfin qu’elle ira voter en Israël en octobre, pour la première fois depuis 1996. Elle décrit le prochain scrutin comme décisif pour l’avenir du pays et ses relations avec la diaspora.