En Israël, le député Yamina, Matan Kahana pourrait redevenir ministre des services religieux


17 mai 2022

Matan Kahana avait démissionné de son poste de ministre vendredi afin de redevenir simple député, évinçant ainsi le député francophone Yomtob Kalfon. La raison invoqué ? Kalfon aurait été considéré par le Premier ministre Naftali Bennett comme un transfuge potentiel. Il s’est insurgé contre cette version dans une itw a la chaine 12 hier soir et affirme qu’il n’a eu aucun contact avec l’opposition depuis le vote du budget. Il attribue au départ de Silman une atmosphère de suspicion qui le dessert. Mais il refuse de faire de cela une affaire personnelle et indique qu’il pense sincèrement avoir contribué à l'élection de Bennett notamment en lui apportant les voix des olim francophones.  

Kahana devrait redevenir ministre sous réserve d'un vote de confirmation du plénum de la Knesset. Et Yomtov Kalfon serait donc réintégré… Affaire à suivre ! 

Et justement le parlement israélien était le théâtre d’une pièce de vaudeville hier avec pour acteurs principaux Naftali Bennett et Benyamine Netanyahou. 

Depuis la démission d’Idit Silman, l'opposition s'efforce de prouver au public que la Knesset est paralysée. Suite à cela, l'opposition a donc pris hier deux décisions qui vont compliquer la tâche de la coalition : la première est de ne pas soutenir les lois proposées au vote par le gouvernement, même celles auxquelles ils sont favorables. Par exemple lorsqu'il s'agit d'avantages fiscaux ou de la loi "Dimensions for Education" - qui donne une bourse pour les vétérans et fournit les deux tiers des frais de scolarité de premier cycle et des cycles supérieurs aux élèves nécessiteux. Le Likud a cependant précisé que si ces projets de loi devaient être discutées en plénum, ​​ils organiseraient une discussion spéciale entre les factions avant le vote. 

De plus, le président du parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, a mené une nouvelle politique visant à contraindre la liste arabe commune à « choisir » si elle est dans la coalition ou dans l'opposition. Les objectifs de la démarche sont :

  1. Mettre en évidence la dépendance de la coalition vis-à-vis de la liste commune et la présenter comme celle qui permet la pérennité du gouvernement. 
  2. Faire pression sur la liste arabe pour qu'elle choisisse au final de rester avec l'opposition et de paralyser le gouvernement.

Le revers de la médaille pour l'opposition est que si cela ne fonctionne pas, elle aura du mal à infliger des pertes à la coalition car une partie importante des propositions qu'elle a faites étaient légitimes pour tous. 

Soit dit en passant, les ultra-orthodoxes ont accepté de faire passer le message mais dans la pratique ils auront du mal à boycotter ces lois, après s'être engagés à bloquer les réformes du gouvernement dans le domaine de la religion et de l'État.